Saturday, May 21, 2005
Jeunes poètes en Palestine, aujourd’hui
posted by: Jino at 4:46 PM
Jeunes poètes en Palestine, aujourd’hui

Henri Deluy

Quelques feuillets d’un journal de voyage d’Henry Deluy à Ramallah en janvier 2004.
Bar Zyriab, au centre de Ramallah. J’attends plusieurs jeunes poètes de la nouvelle génération palestienne. Autour de moi, petites tables, se retrouve une partie de la " nomenklatura " palestinienne, et des intellectuels étrangers de passage. On parle arabe, anglais, français.
Dans les pages écrites le 31 décembre 2003 (Bienvenue en Palestine, chroniques d’une saison à Ramallah, Actes Sud, à paraître en mai 2004), Anne Brunswic note : " Naplouse est en état de siège. " État de siège, oui, dès le passage par le " poste-frontières " (" check-point ") de Kalandia - entre Jérusalem et Ramallah -, pour entrer en territoire palestinien. Guérites, miradors, chicanes, blocs de béton, en épis, passages étroits, chevaux de frise, radars, rails détournés, ferrailles tordues, charpentes, carcasses de voitures, ruines accumulées pour former des remblais de protection, contrôles de tous les instants, armes pointées, treillis de combat, chars, véhicules militaires divers, une armée israélienne omniprésente, l’occupation, la guerre. Et la plupart des jeunes soldats israéliens parlent russe (immigration récente).
C’est aussi en russe que nous parlons avec l’un des jeunes poètes palestiniens. Je ne parle pas arabe, il ne parle pas français, notre anglais est médiocre. Ils seront deux, puis trois, et nous téléphonons à une autre jeune poétesse qui vit à Gaza, et ne peut en sortir. Invités à la prochaine Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne (novembre 2005), le poète de Bethléem et celui de Ramallah devront passer par la Jordanie pour rejoindre Paris, et la poètesse de Gaza par l’Égypte.
La chose qu’ils disent se présente comme un jeu de cartes serrées, qui se distribuent suivant un ordre comme bloqué :
" Sortir. Ne pas nous laisser enfermer dans les limites de ce territoire, qui n’est qu’un morceau de Palestine. Ne pas nous laisser coincer, terre à la bouche. Notre identité ne se limite pas à cet horizon de collines et de vallées pierreuses, à ces oliviers épars, à ce paysage occupé, démantelé, surveillé, puni. Nos corps ne sont pas des bagages en consigne. Poètes palestiniens, cette lourde actualité pèse sur nous. Pourtant nous souhaitons écarter ce blocage. La Palestine n’est pas ce squelette visible de murailles écroulées, elle est une très vieille histoire, une antique culture, une civilisation des origines. C’est avec tout cela que nous voulons écrire et avec ce qui nous parvient d’ailleurs. Nous avons besoin des vents qui viennent du large, d’odeurs inconnues, de langues ignorées, de livres nouveaux. "
Sur le chemin, entre la chambre que j’occupe et la place aux Lions, collées aux murs, couvrant le moindre espace libre, des affichettes portraits de Palestiniens et de Palestiniennes, morts au combat, tués lors d’un affrontement ou abattus, comme par hasard, en sortant de l’école. Hommes, kalachnikov aux poings, jeunes femmes, en tenue de kamikaze, enfants souriants. Toutes et tous sont ici considérés comme des héros tombés au champ d’honneur.
Ghassan Zaqtan, l’ancien directeur de la Maison de la poésie, ici, l’un des poètes importants de la génération qui se situe entre Mahmoud Darwich et les jeunes gens avec lesquels je suis en train de boire une bière, n’est pas très optimiste quant aux évolutions possibles de la situation générale : " L’humiliation continue et le poids des armes ne peuvent durer, et pourtant ça dure. "
La " honte ", l’" humiliation ", les mots reviennent sans cesse. Et l’arbitraire. La Mouqata, le petit espace où se situe l’état-major de Yasser Arafat, est comme un condensé : un lieu ravagé, un grand mur de béton récent, pour protéger une sorte de terrain vague, et des locaux de fortune. Dans l’état d’esprit qui est le mien, aujourd’hui, même le drapeau qui claque au vent semble revenir d’une entreprise en déroute.
Force de survie, pourtant, de ce peuple qui peut être joyeux, léger dans le désir et dur dans l’infortune. " Entre les colonies israéliennes qui occupent les meilleures terres, et les colonnes de blindés, comment dégager un espace d’écriture ? Comment retrouver une écriture qui s’occupe aussi d’elle-même ? " Notre longue conversation roule sur les poésies dans le monde. Jeunes poètes de Palestine, ils partagent quelques-unes des " problématiques " (nous avons le même jargon !) qui sont les nôtres et pas seulement le " comment écrire des poèmes après Auschwitz ", qui serait ici le " comment écrire après Chatila ", toutes proportions gardées, bien sûr, car, ici, ni four crématoire, ni extermination.
Mahmoud Darwich, le grand, l’incontournable aîné. Il est comme présent, ici, dans le bureau du centre culturel Sakakini, où se monte la revue El Karmel, dont il est le directeur. Hassan Khader, le rédacteur en chef de cette publication de niveau international - sans doute, à l’heure actuelle, la plus prestigieuse revue de littérature du monde arabe - ne le cache pas : " Pour les jeunes poètes, il est le père dont il convient de se séparer. " Symbole d’une identité palestinienne combattante, Mahmoud Darwich sait, mieux que personne, les dangers d’un enfermement : " Quand j’écris un poème d’amour, dit-il lui-même, le lecteur ne croit pas que je m’adresse à une femme, il croit que je m’adresse à la Patrie. "
Locaux ravagés, aujourd’hui remis à neuf, et je peux voir, sortie d’un tiroir, la page d’un livre de poèmes, piétiné par un soldat israélien qui a ajouté, en marge : " Bonne lecture ! " Pourtant, non loin de là, dans un coin de la pâtisserie Eiffel, nous parlons cuisine. L’un des jeunes poètes me donne la recette du plat traditionnel palestinien, le maklubeh (le " renversé "). Viande de mouton, à l’étouffée, légumes, riz, cuits à part, puis mêlés et, au dernier moment, plat renversé pour former une sorte de tour !
Car c’est ainsi que ces jeunes femmes et ces jeunes hommes qui écrivent des vers - et les questions formelles comptent pour eux - semblent voir leur situation d’écriture : " Libérer la multiplicité de notre identité, en reconnaître l’infini des domaines et les contradictions. Celle-ci, par exemple, l’horreur du mur, la lutte contre la mort, le tragique de chaque instant, contre le bruit des tambours et des rafales d’armes automatiques, mais aussi le bonheur des monceaux de tomates sur les marchés, les magasins bien pourvus, le sourire des uns et des autres. "
" Ne pas écrire pour nous venger. " Comme un mot de fin.
Henri Deluy










Najwan Darwish: Séducteur de langues !

Je suis un réfugié de Crète
J’exerce le métier de buveur de thé
À la menthe les jours d’été
À la sauge les nuits d’hiver
Et chaque fois une langue m’accueille
Je me réfugie entre les bras de sa soeur
Jusqu’à ce que je sois un séducteur de langues
Je suis un réfugié de Crète
Je n’ai que des chansons que j’ai oubliées
Et quelques souvenirs
La voix de ma mère est une poignée de sel
Une larme de mon père est une plume d’oiseau
Et des balançoires pour des enfants qui se sont égorgés eux-mêmes
Je vous expose tout ceci
En échange de quelques sous ou d’une tranche de pain
Je suis un réfugié de Crète

-Traduit de l’arabe par Jalal El Hakmaoui
avec la collaboration d’Henri Deluy
-Najwan Darwish est né en 1978.




Mahmoud Darwich:"Pour moi, la poésie est liée à la paix"


Le grand poète palestinien vit à Ramallah. Dans État de siège, il ouvre une fenêtre sur son monde en proie à toutes les souffrances.
Mahmoud Darwich vit désormais à Ramallah après de longues années d’exil. En 1948, il avait six ans quand l’armée israélienne chassa sa famille du village de Birwa où il est né. En 1950, il rentra au pays mais Birwa avait disparu. À la place avaient été construites deux colonies israéliennes. L’histoire du poète se confond avec celle de son peuple, dont le droit au retour demeure plus que jamais hypothétique. Mahmoud Darwich affirme néanmoins que " le poète n’est pas tenu de fournir un programme politique à son lecteur ". Il prône une lecture innocente de son ouvre, si volontiers empreinte d’un " lyrisme épique ", selon les mots du poète grec Yannis Ritsos. La poésie de Darwich, quelles qu’en soient les racines, n’est pas inscrite dans un temps et un espace donnés, fussent-ils toujours brûlants. L’exil demeure son vrai terreau, au plus près d’une géographie concrète du monde, baignée dans plus d’une époque historique. Mahmoud Darwich se définit comme un Troyen. C’est dire qu’il revendique, non sans un fin sourire, le statut de la victime. N’est-il pas plus noble d’avoir loisir de chanter, fût-ce au cachot, plutôt que de s’occuper à opprimer et contrôler l’autre ?
De lui, sort ces jours-ci État de siège, témoignage écrit à chaud d’un homme isolé au sein de sa propre terre encerclée par les blindés. Cette longue réflexion poétique est née du temps libre imposé à ce héraut d’un peuple placé lui-même sous haute surveillance. De sa fenêtre, il scrute les rues de Ramallah, en tient la chronique des heures et des jours.
De passage en France, il a bien voulu répondre à nos questions, traduites par Farouck Mardam-Bey, son éditeur chez Actes Sud.
Un précédent recueil d’entretiens avec vous avait pour titre la Palestine comme métaphore. De quoi la Palestine est-elle métaphore ?
Mahmoud Darwich Mon éditeur avait choisi le titre. Cette métaphore permet de dire des choses sur la poésie : la relation de l’être humain à son histoire, à son existence, à la nature, à soi-même ainsi que sa lutte pour les libertés individuelles et collectives. Pour moi, la Palestine n’est pas seulement un espace géographique délimité. Elle renvoie à la quête de la justice, de la liberté, de l’indépendance, mais aussi à un lieu de pluralité culturelle et de coexistence. La différence entre ce que je défends et la mentalité officielle israélienne - je dirais même la mentalité dominante aujourd’hui en Israël -, c’est que celle-ci conduit à une conception exclusiviste de la Palestine alors que, pour nous, il s’agit d’un lieu pluriel, car nous acceptons l’idée d’une pluralité culturelle, historique, religieuse en Palestine. Ce pays en a hérité. Il n’a jamais été unidimensionnel ni à un seul peuple. Dans mon écriture, je m’avoue l’enfant de plusieurs cultures successives. Il y a place pour les voix juive, grecque, chrétienne, musulmane. La vision adverse concentre toute l’histoire de la Palestine dans sa période juive. Je n’ai pas le droit de leur reprocher la conception qu’ils ont d’eux-mêmes. Ils peuvent définir leur identité comme ils veulent. Le problème, c’est que cette conception de l’identité signifie la négation de celle de l’autre. Cela nous empêche de vivre libres et indépendants. Ils estiment que nous n’avons aucun droit sur cette terre, dans la mesure où ils l’appréhendent comme terre biblique et jugent qu’elle est en attente, depuis deux mille ans, du " retour " de ceux qui l’habitèrent jadis. Il y a donc une tentative permanente de monopolisation de la terre, de la mémoire, de Dieu lui-même. C’est pourquoi la lutte se situe aujourd’hui à maints niveaux. Les gouvernants israéliens essaient d’appliquer leur conception du passé à une réalité qui ne lui correspond absolument pas. Parfois, je nargue un soldat au check-point. Je lui dis : " Si vous voulez la terre sainte telle qu’écrite dans la Torah, prenez-la et donnez-nous la terre non sacrée, c’est-à-dire tout le littoral palestinien. Il n’y a pas d’histoire biblique sur ce littoral. " Si la référence est religieuse, parlons de cet échange entre le littoral et l’intérieur, mais si elle est juridique, de l’ordre du droit international, revenons aux résolutions de l’ONU.
Quelle place occupe la poésie de langue arabe et singulièrement votre poésie dans la littérature arabe aujourd’hui ?
Mahmoud Darwich Les pays européens et les États-Unis croient que la poésie de langue arabe occupe la place d’honneur dans la culture arabe, comme ce fut le cas durant trois siècles. On parle de la crise de la poésie en Occident, du déclin de son lectorat. Elle existe aussi chez nous. La relation entre la poésie et les lecteurs est devenue problématique. Peut-être parce que la poésie arabe est entrée dans des formes d’expérimentations qui l’ont isolée du grand public. Elle met une distance entre le texte et le réel, en se privant de la richesse des cadences de la métrique arabe. Il y a aussi une raison d’ordre culturel. La poésie n’est pas le premier genre littéraire chez les Arabes. Le roman a pris la relève. C’est là un point positif. J’ajouterai que nous vivons une crise d’identité culturelle et politique. Les Arabes régressent sur de nombreux plans. Nous avons le sentiment d’être en dehors de l’histoire qui se fait. On entend, par exemple, parler d’un grand Moyen-Orient. Les Américains, à l’origine du projet, estiment que les Arabes ne méritent même pas d’être consultés ! Dans la mesure où les frontières des pays arabes ont été fixées par des étrangers, ces mêmes étrangers peuvent les modifier quand ils veulent. Les Arabes ne participent pas à la définition de leur destin. Que voulez-vous que la poésie fasse dans ces conditions ? Parler de l’âge d’or ? Adorer le passé ? La vraie poésie arabe est une poésie critique de la réalité arabe.
Pardonnez-moi cette question un peu brutale mais est-ce que la poésie, au plus haut sens, telle que vous la pratiquez aujourd’hui, peut constituer l’alternative à la religion ?
Mahmoud Darwich William Blake disait que l’imagination est une nouvelle religion. Tout le mouvement romantique entend substituer l’inspiration poétique à l’inspiration religieuse et prophétique. Je pense que la religion et la poésie sont nées d’une même source, mais la poésie n’est pas monothéiste. Comme l’a dit Heidegger, elle nomme les dieux. La poésie est en rébellion permanente contre elle-même. Elle ne cesse de se modifier. La religion est stable, fixe, permanente. La quête de l’inconnu leur est néanmoins commune. La poésie tend vers l’invisible sans trouver de solution. La religion en trouve une, une fois pour toutes donnée. Le grand problème du marxisme n’est-il pas qu’il est devenu une religion à un certain moment ?
La poésie est-elle compatible aujourd’hui avec la religion sous sa forme la plus revendicatrice et violente ?
Mahmoud Darwich Bien entendu, l’intégrisme empêche la poésie de s’épanouir. Son manichéisme sans appel ne convient pas du tout à la poésie. L’intégrisme a des réponses toutes prêtes. Le poète est celui qui doute et accepte l’autre. Il me semble que la poésie est liée à la paix. Elle est en adoration devant la beauté des choses et bien entendu devant la beauté féminine. L’intégrisme isole la femme et la cache. La poésie aime le vin ; l’intégrisme l’interdit. La poésie sacralise les plaisirs sur terre. L’intégrisme s’y oppose farouchement. La poésie libère les sens. L’intégrisme les bride. La poésie humanise les prophètes. C’est pourquoi la culture engendrée par l’intégrisme religieux est anti-poétique par excellence. L’intégrisme peut aller jusqu’à supprimer tout ce qui est contraire à sa conception du monde. En ses formes les plus extrêmes, il représente un danger mortel pour la poésie et pour les poètes. Durant l’âge d’or de la poésie arabe (IXe, Xe, XIe siècles) l’État était assez tolérant, ouvert à toutes les cultures. Il y eut notamment une très belle poésie érotique et bachique. Le fondamentalisme musulman est lui-même une réaction au fondamentalisme et à l’intégrisme américain et israélien. Le despotisme universel américain, tel qu’il se met en place aujourd’hui, est en train de légitimer l’intégrisme musulman. Lorsque les Américains parlent du terrorisme comme inhérent à l’islam, ils poussent les musulmans à aller vers certaines extrémités. La lutte actuelle, qu’on nous présente comme une lutte entre civilisations, n’est autre qu’une lutte entre intégrismes. Ce n’est pas une guerre de civilisations mais une guerre entre différentes barbaries.
On est frappé par la réflexion de Ritsos qualifiant votre poésie de " lyrisme épique ". Pensez-vous que cela puisse, aujourd’hui encore, vous définir, compte tenu que l’épopée, en Occident, est une forme disparue depuis des siècles, tandis que le lyrisme semble considérablement battu en brèche ?
Mahmoud Darwich La poésie épique, dans le sens traditionnel du terme, a disparu depuis beau temps. Elle est, comme l’a prouvé Hegel, liée aux anciennes civilisations. Le lyrisme vaut de tout temps car il existe toujours une pluralité de " moi ". Ce type de poésie exprime des détails, des parties de l’âme d’un peuple. Elle se penche sur les individus qui le composent, davantage que sur le peuple tout entier. Bien entendu, ces concepts n’ont pas de fondements dans la poésie arabe. Ils sont traduits des langues occidentales. On dit, en Occident, que le lyrisme, c’est ce qui n’est ni épique, ni dramatique au sens théâtral. Notre poésie arabe, au contraire, est dès l’origine lyrique, mais suivant des courants divers. Les formes en sont multiples. Quand Ritsos définit ma poésie comme un " lyrisme épique ", il veut parler de l’architecture du poème et de la multiplicité des voix en son sein. Il n’y a pas seulement ma voix, mais d’autres qui expriment le groupe. Ma poésie ne se situe pas dans un espace limité et personnel mais dans un espace large, sur le plan historique et géographique. D’où certains traits qui rappellent la poésie épique. Le lyrisme de ces poèmes n’est pas très personnel ni individuel, c’est un lyrisme collectif. Il s’agit d’une poésie qui n’est ni totalement lyrique ni totalement épique. Le lyrisme est également battu en brèche dans le monde arabe. Les jeunes poètes un peu perdus ne dominent pas les concepts. Ils confondent souvent lyrisme et romantisme.
La poésie peut-elle aider un peuple à être lui-même jusque dans les pires difficultés de la survie ?
Mahmoud Darwich Je ne crois pas que la poésie ait un rôle évident à jouer dans la lutte nationale. Son influence n’est pas immédiate. Elle constitue un voyage permanent entre cultures, temps et espaces. En ce sens, je ne crois pas en une poésie nationale. Comme le poète est le fils d’une époque et d’une langue donnée, il contribue sans doute à façonner l’identité nationale d’un peuple, en jouant un rôle d’ordre culturel mais il n’a pas à inciter à quoi que ce soit. Dans les années cinquante, sans doute, au sein du monde arabe et dans le monde entier - je pense à toute la poésie engagée, notamment, chez vous, à Aragon -, le poète a eu un rôle politique direct. Le monde était un peu moins complexe qu’aujourd’hui. Dans notre cas, l’occupation israélienne est une occupation longue à la différence de l’occupation allemande en France. Quel artiste peut jouer en permanence le rôle de poète de circonstance, de poète engagé dans le sens ancien du terme ? S’il prétend jouer ce rôle, l’occupation aura réussi à tuer aussi la poésie.
Entretien réalisé par Muriel Steinmetz
(1) État de siège, de Mahmoud Darwich
Traduit de l’arabe par Elias Sanbar
Editions Actes Sud/Sindbad
96 pages, 23.90 euros




Palestine. Le témoignage en image d’Olivier Thébaud

Olivier Thébaud, membre du collectif Tangophoto, est un homme heureux. Son travail photographique, glané lors de six voyages en Cisjordanie et à Gaza, vient d’être choisi par Elias Sanbar (voir l’Humanité du 13 avril) et par Mahmoud Darwich pour figurer dans leurs livres respectifs.
Cette photographie-là n’arrive pas par hasard dans ce livre-là. Sans doute la texture de ce poème, de nature visuelle, s’apparente-t-elle particulièrement bien à ce témoignage photographique pris sur le vif. Il se trouve que l’essence de cette photographie-là, en prime, est poétique. Peut-être parce que démarquée de l’imagerie stéréotypée qui fait invariablement de la Palestine un théâtre d’affrontement avec photos coups de poing ou un lieu des écritures avec images bibliques, elle choisit de privilégier les temps faibles, de s’attarder, dans ce qui peut sembler hors champ. En réalité, c’est la vie, plus forte que tout, qui est là radicalement cadrée. Au coucher du soleil, l’atmosphère est pesante, le paysage dévasté, mais on continue d’allumer du feu dans les pierres pour préparer le thé.
Magali Jauffret
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